Comment l’écriture peut aider mon enfant à aller mieux ?

Notre enfant, comme nous, traverse des phases de colère, de tristesse plus ou moins aigue,

de « keskimarrive », de désarroi, d’angoisse prononcée, de crises de panique.

Il est perdu, submergé par cette émotion et n’a pas forcément les mots pour l’exprimer.

On aimerait pouvoir aider mais on ne sait pas toujours comment.

Et si l’écriture était un premier pas ?

 

Les mots. Prendre le temps du recul, de la respiration.

Ecrire, c’est en effet s’asseoir au calme pour solliciter les mots et mettre ses émotions négatives noir sur blanc.

C’est prendre rendez-vous avec la page refuge. S’engager en quelque sorte.

Ecrire, c’est créer un moment.

Le moment où je vais jeter, me défaire du négatif, vider.

Pour enfin retrouver un début de paix.

C’est non seulement, créer un moment mais aussi décider de le faire.

C’est être acteur à nouveau, ne plus subir les maux.

 

Que peut-on essayer de mettre en place et comment?

 

Régularité

Comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, la régularité est la clé. C’est elle qui donne toute la puissance à l’outil d’écriture. C’est elle qui insuffle énergie et bienfaits.

Pour cela, les pages libres, écrites en écriture spontanée sont très efficaces.

On peut donc proposer à son enfant un carnet, celui qui lui ressemble, qu’il aura choisi, pour y inscrire ses pensées, sans filtre.

Un espace juste pour lui que vous ne lirez pas.

Un espace où il pourra jeter tout ce qui le tracasse, l’enivre, lui plaît, lui fait mal.

Ses opinions sur le monde, sur vous, sur lui.

TOUT.

Son jardin secret.

Cette écriture quotidienne permet un sas.

Une prise de distance face à des émotions parfois trop fortes, trop lourdes pour des épaules adolescentes…ou plus jeunes.

Elle offre la possibilité de reprendre la main sur l’incertitude.

Mettre en boîte

Autre idée à explorer, c’est la boîte à maux, à émotions, à « j’ai envie de dire »…Libre à vous de la nommer comme bon vous semble.

Cette boîte fait partie de la vie de famille. Elle est conçue par vos soins à tous, décorée à votre envie.

Vous la placez dans un endroit visible, important de la maison.

Chacun est libre de glisser dans cette boîte un petit mot, une phrase, un avis sur ce qu’il a ressenti dans la semaine, sur un problème non réglé ou au contraire la joie d’avoir progressé dans tel ou tel domaine.

En fin de semaine, cette boîte est vidée et son contenu est lu en famille.

Les mots sont signés ou non, peu importe, l’idée est de créer un espace où chacun peut s’exprimer sans jugement, et où chaque pensée, chaque opinion a de la valeur.

Elles sont ensuite discutées ou pas selon la teneur du message.

La distance est posée, puisque le temps a passé. On a pris le temps de peser ses mots pour s’exprimer.

Correspondance familiale

Pourquoi ne pas s’écrire régulièrement au sein de la famille ?

Ma grande fille me met des petits mots presque tous les jours et j’ai remarqué que cela me fait un bien fou.

Des mots doux, des « je t’aime »

mais aussi des mots de colère quand elle ne va pas bien.

Des jeux de mots, des énigmes…

Elle s’exprime ainsi régulièrement et cela me permet de voir les indicateurs,

d’être alertée d’un changement d’humeur, d’une interrogation qu’elle pourrait avoir.

S’écrire au quotidien, des choses informelles, ludiques, crée du lien et s’inscrit dans  une communication moins impressionnante pour évoquer  les choses dites sérieuses.

Les petits qui ne savent pas écrire peuvent le faire par dessins ou symboles.

 

L’écriture peut être un premier pas, une aide. Un moyen pour notre enfant de faire un pas de côté et de déposer ce qui le tracasse, le heurte.

La baguette n’est pas magique mais agit sur l’inconscient et peut dénouer quelques tensions.

Complémentaire à d’autres approches thérapeutiques, elle est un outil à valoriser si, bien sûr, notre enfant a envie de s’en saisir.

 

As-tu remarqué les bienfaits de l’écriture chez ton enfant, tes élèves?