Le doute en écriture

 

« Je ne sais pas si je peux. »
« Je ne sais pas si je saurais décrire avec précision ce que j’ai vécu. »
« Ce que j’écris ne vaut rien. »

Le doute est partout.
Il nous guette, tapi derrière nos pensées, nos envies, et attend le bon moment pour nous tomber dessus.
Pour certains, le doute est un handicap, une barrière insurmontable. Pour d’autres, il est le moteur à la vie, à l’ouverture d’esprit, à l’imagination.
Oui, comme Anne Sylvestre, j’aime les gens qui doutent.
Pas seulement parce que je doute moi-même sans modération, mais parce que c’est grâce au doute qu’on progresse.
C’est grâce à lui qu’on ne s’enferme pas dans des schémas, qu’on ouvre en permanence notre horizon.
Quand on écrit, on est rattrapé par le doute.

Est-ce que c’est bien tourné?
C’est vraiment nul ici, je n’aurais pas dû m’y prendre ainsi!

C’est normal!
Plus on écrit, plus on va être en proie au doute, à cette auto-critique qu’on s’inflige, car notre exigence va s’élever.
Que faire quand le doute s’installe, frappe à la porte?

Voici 2 prises de position à envisager plus que très sérieusement et 1 mission d’écriture pour mieux vivre avec le doute.

S’entêter. ?

Accepter.
Douter, se remettre en question est normal. Cela fait partie du processus de création. Si on ne doute pas, on n’évolue pas, on ne regarde pas toutes les facettes de l’histoire.
Alors, acceptons. Et continuons d’écrire. Rappelons-nous combien la répétition, la ritualisation nous aide à combattre tout sentiment d’illégitimité.

Plus on va écrire, mieux on se sentira et plus on comprendra que le doute fait partie de l’écriture.

C’est comme au tennis : plus on répète le geste du service, plus on gagnera en force, en précision et en confiance !

 

Changer sa manière de voir les choses.


Douter
est une qualité.

Cela nous permet d’envisager plusieurs chemins possibles, plusieurs idées, et bien souvent, elle nous incite à aller au bout de chacune pour savoir laquelle conserver.
Douter nous permet d’éliminer un maximum de questionnements  sans réponse en se mettant à la place d’un lecteur ultra-exigeant, et quand on écrit, c’est plutôt un sacré atout!
? On pourrait considérer le doute comme une navette spatiale qui nous mènerait vers des univers qu’on ne soupçonne pas.

Un remède contre le doute en écriture ?

Continuer d’écrire.
Dialoguer avec le doute pour en faire un allié et non un censeur.

Pour t’aider, je te propose une mission d’écriture pour faire ce premier pas.

Prends une feuille et deux crayons de couleur différente.

Choisis une couleur pour toi et une couleur pour le doute.

Oui, tu l’as peut-être déjà compris, tu vas écrire un dialogue entre ton doute et toi.

Pose dans la marge l’initiale de celui qui parle. Je mettrais donc M pour Mélanie et D pour doute si je devais le faire. C’est fait ?

Maintenant démarre le dialogue.

Que te dit le Doute, que lui réponds-tu?

Tu peux l’inviter à parler ainsi:

 – Qu’as-tu à me dire?

– Que révèles-tu de moi?

– A quoi sers-tu ?

 – Que puis-je faire pour toi?

Alterne questions et réponses.

Lâche le cerveau, laisse-toi guider par les mots. Parfois, tu répèteras les mêmes questions. C’est normal. Les réponses seront différentes.

Ecris, va au bout des idées, des questions, des arguments.

Lorsque tu sentiras que tu les as épuisés, prends le temps de remercier ton interlocuteur.

Laisse poser le dialogue. Ressens-le.

Interroge-toi : que ressens-tu après l’avoir écrit ? Est-ce que cela a libéré des choses ?

 

Que retenir?

✳️ Le doute fait partie du processus de création.

✳️ Le doute permet d’ouvrir son horizon, d’aller au bout d’une idée, d’un questionnement: un atout majeur quand on écrit!

✳️ Envie de mieux appréhender le doute? Le dialogue avec le doute t’aidera à libérer des choses.

 

?Tu peux faire part de tes ressentis en commentaires ou directement par email.