Vivre à l’étranger, quelle aventure enrichissante ! Les joies et l’excitation de la découverte, le plaisir de se proposer un autre quotidien.

Est-ce la même chose quand on est maman ou qu’on est sur le point de le devenir ?

Est-ce qu’on vit l’expatriation de la même manière que si on était célibataire et sans enfant ?

Le rôle exigeant de la maternité va transformer l’expérience à l’étranger en un parcours émotionnel parsemé de hauts et de bas. Oui, pour beaucoup d’entre nous, être maman en expatriation peut être une expérience à la fois gratifiante et épuisante, avec des montagnes russes émotionnelles qui caractérisent souvent ce voyage unique.

Explorons ces émotions et 4 pistes concrètes pour mieux les comprendre et trouver le bon équilibre.

 

Les joies de l’expatriation maternelle

maman et fille

L’expatriation maternelle offre une myriade d’opportunités enrichissantes. Découvrir de nouvelles cultures, langues et traditions peut élargir les horizons de ton enfant de manière inestimable. Les expatriées ont également la chance de se construire un réseau international, offrant un soutien précieux et des perspectives uniques.

En outre, vivre à l’étranger peut parfois offrir un certain éloignement des pressions sociales et familiales traditionnelles, permettant aux mamans d’explorer leur identité maternelle d’une manière plus autonome et authentique.

Selon la configuration dans laquelle on part, on peut également profiter de plus de temps avec nos enfants. On a la possibilité de les accompagner plus quotidiennement, de s’investir dans leurs activités scolaires ou de loisir, ce qui n’aurait peut-être pas pu être le cas en France.

 

Les défis émotionnels

Cependant, avec ces avantages viennent aussi des défis émotionnels significatifs.

Loin de leur réseau de soutien habituel, les mamans expatriées peuvent se sentir isolées et seules, surtout dans les moments de stress ou de crise. Le manque de compréhension culturelle et linguistique peut également compliquer la recherche d’aide et de conseils.

Les inquiétudes concernant l’adaptation de l’enfant à un nouvel environnement et la gestion des transitions peuvent également peser lourdement sur l’esprit des mamans expatriées.

Comment parler à ses enfants d’une arrivée en pays étranger, d’un nouveau départ, des grands-parents qui sont loin, des amis qu’ils ont laissés derrière eux ?

Le sentiment de responsabilité pour le bien-être de la famille peut être accablant, exacerbant les montagnes russes émotionnelles déjà présentes dans la maternité.

Justement ce sentiment de responsabilité, d’où vient-il ?

Pourquoi est-ce que tant de femmes se l’imposent alors que les rôles devraient être équilibrés dans le couple, au sein de la famille, notamment en expatriation où on est loin de nos repères et de nos proches.

Il y a là un rééquilibrage à opérer. Une maman n’a pas à endosser plus que ce qu’elle peut.

En tant que maman, nous savons où situer nos responsabilités pour nos enfants, pour nous-mêmes et nous n’avons pas à prendre entièrement sur nos épaules tout ce qui a trait à la maison, au bien-être général de la famille. C’est un travail d’équipe qui se construit et se cultive au quotidien.

 

La vie d’expatriée, c’est comme une boîte de chocolats

… ou un lancer de dés !

Il y a des jours avec et des jours sans. Des jours qui tournent dans un sens où on se dit que ça y est on a compris quelque chose, et d’autres, où boum, tout se remet à tourner en sens inverse.

C’est en mouvement constant. Il y a beaucoup de changements, de remises en question et d’insécurité dans la vie d’une maman en expatriation. Selon le modèle dans lequel on a grandi, notre enfance, notre situation actuelle… ça peut encore plus remuer. Et on en n’a pas toujours conscience quand on arrive dans notre nouvelle vie.

On n’a pas toujours conscience de tous ces schémas qui régissent notre vie depuis l’enfance, tous ces schémas qui induisent nos comportements, nos réactions dans des situations de crise notamment.

Par ailleurs, il y a aussi l’idée qu’on se fait de la maternité, surtout loin de chez soi.

La réalité et ce que les autres pensent que c’est. Même entre expatriées on ne vit pas forcément la même réalité.

Ce qui est certain, c’est que toutes, à un moment donné, on se pose des questions. Ce n’est pas une faiblesse, bien au contraire ! C’est tout à fait normal vu la situation et c’est important de mieux se préparer, d’avoir des repères et de s’armer pour éviter de trop grosses montagnes russes émotionnelles dans sa vie déjà mouvementée d’expatriées!

 

Être maman en expatriation : un équilibre à créer

Trouver ou plutôt créer un équilibre entre les hauts et les bas de la maternité en expatriation est essentiel pour préserver sa santé émotionnelle.

Comment naviguer avec succès sur ces montagnes russes ?

 

1. Créer un réseau de soutien

Recherche d’autres mamans expatriées dans ta communauté locale ou en ligne. Les groupes de soutien peuvent offrir un espace sûr pour partager des expériences et des conseils, et peuvent même conduire à des amitiés durables.

Même si tu n’es pas tournée vers ce genre d’événements, si tu te sens peu sociable, je t’encourage à y aller. Tu sauras repérer celles avec qui échanger vraiment et surtout tu trouveras  un espace pour t’exprimer…et te rendre compte qu’on est vraiment très nombreuses à se sentir en difficultés en expatriation, peu importe notre vécu.

 

2. Pratiquer l’auto-soin

Prends du temps pour toi chaque jour, même si ce n’est que quelques minutes.

Que ce soit en méditant, en faisant de l’exercice ou en poursuivant un loisir, accorde-toi la permission de te détendre et de te ressourcer, même si tu ne travailles pas et que donc tu ne participes pas financièrement aux revenus de la famille, même si tu es le « conjoint suiveur ». Tu participes à une échelle tout aussi importante, si ce n’est plus.

Pour cette troisième expatriation au Brésil, j’ai décidé de mettre en place assez vite la danse dans mon emploi du temps et je me suis autorisée l’équitation. Je savais que j’en aurais besoin pour tenir et trouver du sens à cette nouvelle vie qui démarre de manière compliquée et moins choisie. Je me suis aussi inscrite à des rencontres pour voir du monde, échanger, et ne pas rester isolée, chose que je ne faisais pas lors de mes précédentes expatriations. Comme quoi, on apprend avec le temps ! Et surtout, chaque expatriation est différente, car chaque moment est différent et parce que tu n’es pas la même que celle que tu étais il y a dix ans.

 

3. Cultiver la résilience

Apprends à accepter les hauts et les bas comme faisant partie intégrante du voyage maternel en expatriation.

Cherche des moyens de renforcer ta résilience émotionnelle. Cela peut passer par la méditation, la thérapie ou simplement en te concentrant sur les aspects positifs de ton expérience.

 

4. Rester connectée avec tes émotions

Accorde-toi la permission de ressentir et d’exprimer tes émotions, qu’elles soient positives ou négatives.

Trouve des moyens sains de les exprimer, que ce soit par l’écriture, le dessin ou en parlant avec un proche. J’insiste ici sur l’aspect négatif de ces émotions, parce qu’on ne les verbalise jamais, ou trop peu. Parce que ça ne se dit pas, c’est encore très tabou de dire qu’on va mal alors qu’on vit sous les cocotiers avec un confort loin de nos villes françaises. Or, les laisser sortir est fondamental.

Personnellement, j’écris tous les jours et ça m’allège. Je laisse tout sortir, le bon comme le moins bon. Ça me permet de prendre de la distance, d’évacuer ces pensées parasites et de me sentir plus en capacité d’affronter ma journée. Je t’assure que ça aide. Essaie !

Fais-toi accompagner, ne reste pas seule. Le coaching ou la thérapie sont d’excellents moyens de commencer à poser des mots, à prendre conscience de désirs enfouis et à retrouver de l’énergie pour créer cet équilibre en expatriation. Et quand tu allies les deux, c’est encore mieux !

 

Créer un équilibre quand on est maman en expatriation, est-ce possible ?

La réponse est oui mais elle ne vient pas en un claquement de doigt. Elle se construit.

Il y a d’abord ce temps où on met le doigt dessus, où on réalise qu’on a besoin d’un équilibre, que ce qu’on vit n’est pas évident et que ce n’est pas notre faute.

Ensuite, vient le temps de l’introspection. Affronter, accepter et identifier ce qui nous convient le mieux pour créer cet équilibre.

Est-ce que ce sera l’écriture ? Créative ou introspective ? Ou les deux ?

Est-ce que m’autoriser à vivre des projets et ne plus culpabiliser de laisser mes enfants pour m’épanouir aussi suffira ?

Est-ce qu’un accompagnement sera la clé pour savoir ce qui coince, ce qu’on veut vraiment pour soi dans cette nouvelle vie ?

Les réponses à cette question sont multiples. Il n’y a pas de solution unique ou idéale. Le principal est je pense de ne pas culpabiliser, d’accepter la souffrance, le doute, le mal-être. De savoir qu’on en passe toutes ou presque (si, si) par là. Qu’il existe des portes de sortie heureuses, des solutions qui sont propres à chacune d’entre nous et que parler est le premier pas vers un commencement positif.

Avec Laurene Graziani, consultante en parentalité et coach parentale, nous proposons un accompagnement basé sur le coaching et l’écriture pour te permettre de poser les mots sur ce que tu vis et travailler à des solutions concrètes pour créer cet équilibre en expatriation.

Qu’en penses-tu ?

On en parle ?